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Mémorandum Cayeux Citoyens Enquète Publique

 

Contribution de Cayeux - Citoyens
relative à l'enquête publique prévue par
l'arrêté préfectoral du 24 octobre 2008



OBJET : réactions au contenu de l'enquête publique prévue par l'arrêté préfectoral du 24 octobre 2008 et relative à la demande présentée par la société SA  SILMER, du groupe parisien R. G. GAGNERAUD, au chiffre d'affaire d'environ 5000K euros : « de prélever et d'augmenter sa capacité de prélèvement de galets à 35000 m3 » sur le domaine public maritime, en partie protégé par l'arrêté de biotope du 22 juillet 2004.


PREAMBULE : Quel contexte ?


Le contenu de l'enquête, réduite à l'impact « environnemental » de la demande formulée par les exploitants intéressés, ne permet pas d'intégrer le contexte global local dans laquelle cette dernière s'insère.


Nous voulons en particulier rappeler ici que :


- 1- Le domaine public maritime en cause est protégé (arrêté de biotope ; il est d'ailleurs assez cocasse que ce soit au nom de l'environnement que soient instituées des dérogations provisoires ou définitives au principe de protection du milieu naturel).


- 2- L'extraction de galets, réduite depuis 1972, est « interdite » depuis 1983 sur le littoral, sauf pour l'extrémité Nord des Bas-Champs... (La catastrophe de 1990 fut en partie imputée à une exploitation déraisonnable des galets sur le domaine maritime).


-3- Le transit naturel de galets sur le cordon de protection du littoral des Bas-Champs et de la côte cayolaise, s'est considérablement réduit au fil du temps et des travaux divers entrepris sur la côte Picarde (Mers très récemment, Ault en perspective), sur la côte Normande (en particulier cinq jetées portuaires importantes, de 275 à 540 mètres dans les communes de Fécamp, de St Valery en Caux, de Dieppe, Penly, Le Tréport, - voir J. Bastide, E. Anthony, F. Dolique : « le littoral des Bas-Champs 2005 »). De l'ordre de 30000 m3 par an initialement, il est d'environ 3000 m3 annuels en ce moment. Ces réalités interrogent l'objet même de l'enquête, le projet actuel consistant, en dernier ressort et quoi qu'on en dise, à poursuivre et augmenter l'extraction du galet sur un littoral protégé et largement déficitaire en apport de matériaux.


-4- La « dépoldérisation » complète des Bas-Champs avec déplacement de ses populations, y compris de celle de Cayeux, annoncée par les précédents représentants de l'ancien SMACOPI et de la DIREN de Picardie dans différents colloques en 2005, n'ont   jamais été infirmés depuis par les pouvoirs publics en charge de cette question. Le risque d'une nouvelle fragilisation du cordon de galet s'inscrit-elle dans ce cadre ?


-5- Dans cette hypothèse, l'existence et l'avenir de Cayeux, son devenir économique, social et culturel, industriel (l'exploitation du galet) ET/OU touristique restent aujourd'hui en suspend...

Quel développement « durable » pour Cayeux ? En particulier, quel territoire, quel espace naturel pour une nouvelle économie, un tourisme raisonnable repensé et profitables aux populations cayolaises et résidentes?

-6- Suivant le rythme, la cadence et les technologies utilisées le terme de l'exploitation du galet fossile dans le secteur concerné est fixé par les experts à 12, 20 ou 30 ans.

Au-delà des assurances convenues et minimum apportées par les industriels du galet, sur l'état de l'environnement naturel de Cayeux à l'issue des diverse exploitations, quelle sera la vraie situation écologique du territoire au terme de cette durée ? (on ne peut dans cette affaire qualitativement dissocier l'évolution  du littoral de celle des carrières et de leur très importante extension souhaitée, même si l'on peut compter sur des apports de matériaux venus du Nord de la Baie de Somme. )

Nous voulons donc connaître la configuration globale projetée du pays de Cayeux dans 20 ou 30 ans et savoir quel sera l'impact définitif, géologique et géographique des exploitations envisagées ? Pour rappel, ce sont 20 millions de tonnes de galets fossiles qui ont  été exploités au Hourdel  principalement depuis 1983.


-7- L'absence actuelle de tout projet global de pérennisation  et de développement de Cayeux et de ses territoires, du Sud au Nord, incluant le front de mer de la ville de Cayeux, interroge profondément le sens et le contenu de l'enquête publique en cours.


A PROPOS DE L'ENQUÊTE PUBLIQUE PROPREMENT DITE : des questions qui s'imposent.


-1- Comme association cayolaise, nous voulons dire toute l'attention que nous portons à la question de l'emploi.

Une première interrogation s'impose, quel sera l'impact de l'extension de l'exploitation sur l'emploi « carrier » à Cayeux ? L'enquête publique doit répondre  sur ce point. Le doublement de l'extraction, de 20000 m3 actuels (voir J Bastide et autres, 2005) à 35000 demain, permet-il d'envisager le doublement de l'emploi ?

Il nous faut d'ailleurs constater que l'enquête est silencieuse sur le chiffrage de l'augmentation de l'extraction, nous demandons que le document le mentionne précisément en m3.


-2- La circulation des camions utilisés pour les transports divers de galets constitue une gêne importante qui s'est exprimée dans toutes les réunions de quartier organisées à l'initiative de la nouvelle municipalité de Cayeux : Nuisances sonores, dégradation de l'habitat, des chaussées, pollution, insécurité sont dénoncées avec exaspération.

En quoi le doublement de l'extraction des galets sur le territoire ne conduirait-il pas au presque doublement du trafic des camions visés ?

L'enquête publique doit être claire sur un sujet qui mobilise la population, décrire l'impact réel de la proposition et ne pas se contenter de dire : « on augmente l'extraction et cela n'a aucune conséquence sur le pays ». Elle se doit de mettre à plat, sans a priori, les conséquences environnementales liées au choix qui s'annonce et d'explorer les alternatives diverses à l'augmentation du transport routier des matériaux, contraire, à l'esprit et bientôt à la lettre des  conclusions du Grenelle de l'environnement, des toutes dernières orientations européennes dans ce domaine telles qu'issues d'un sommet intergouvernemental initié par la France et le Président Sarkozy. N'est-il pas nécessaire de le rappeler ici ?


-L'enquête passe sous silence la dimension qualitative des matériaux extraits et remis sur le domaine public maritime. (On ne parle que de tonnage). C'est d'ailleurs une donnée sur laquelle les carriers sont tout aussi silencieux et que l'administration a jusqu'ici ignorée ou largement minorée. On cherche à ramasser à des fins commerciales des galets « ronds » et « bleus » de taille importante au Nord, et très longtemps on a rechargé et on continue de recharger au Sud, principalement avec du « tout venant », trop souvent débarassé de ses gros galets(les « plus de 40 mm » imposés par l'arrêté de biotope de 2004 pour le rechargement ne sont pas une vraie garantie d'équivalence : 41 mm, c'est plus de 40 mm mais c'est bien petit).

L'enquête doit éclaircir cette situation et apporter des réponses précises à cette objection de « taille ».


- 4- Le «donnant-donnant » proposé par les carriers dans le cadre de l'enquête, s'il nuance le constat précédent, n'en change pas fondamentalement les données. Sans doute les industriels, qui ne sont pas dans cette affaire des philanthropes, déposeront aussi dans le cordon Sud, outre des « plus de 40 mm » trop petits, de gros galets fossiles oxydés, apportant ainsi une plus value sécuritaire à cette partie de la digue naturelle de protection. Mais l'effet de ces gros galets n'aura de durée que celle de leur transit au Nord, où nettoyés et repolis par la mer, ils seront bons pour l'extraction. Ainsi, un déficit global en gros galets demeurera, particulièrement au Nord, et les pouliers riches en petits matériaux et donc instables, continueront leurs progressions massives et erratiques vers la baie de Somme, accélèreront le développement de la pointe du Hourdel.

L'enquête doit apporter des réponses à ces interrogations et, plutôt que d'isoler commodément mais artificiellement un aspect de l'ensemble, aborder la question du trait de côte, comme un système global complexe, dans lequel, toute intervention humaine, la plus minime soit-elle, a des effets sur le système lui-même dans son ensemble.


-5- Cayeux, vieille station climatique (jusqu'à quand ?), voit son potentiel balnéaire réduit étrangement par l'arrêté de biotope de 2004. La côte au Nord de Cayeux est d'un accès considérablement réduit au nom de l'environnement. Cayeux intra muros est confiné dans ses limites balnéaires et maritimes actuelles. Toute extension de son potentiel touristique est impossible.

Et, paradoxalement, là où touristes, pêcheurs, chasseurs se voient interdits pour raison d'environnement, les engins des carriers et leur activité sont libres et devraient l'être plus encore ! Bientôt pour 30 ans !

La Molière, le hameau le plus important de Cayeux, où sont installés deux campings, où sont présentes de nombreuses résidences secondaires, historiquement une des plages les plus attractives de Cayeux (aujourd'hui transformée en un vaste chantier interdit), se voit de fait privée de plage définitivement par l'arrêté de biotope de 2004. Le contenu de l'enquête publique conforte cette orientation. On pourrait à un autre niveau, certes, développer la même réflexion pour Brighton, ses résidences secondaires nouvelles, ses centres pour handicapés, sont eux aussi privés d'accès à la plage.

Ainsi au coup par coup, sans cohérence ou avec au contraire une forte cohérence implicite, se dessine ou se redessine un nouvel avenir pour Cayeux, de type mono industrie (celle du galet en l'occurrence) dont le développement déraisonnable peut à terme mettre en cause l'avenir touristique renouvelé  de la station « balnéaire » et la recherche d'un nouvel équilibre local entre industrie et tourisme. En espérant garantir l'emploi existant, on hypothèque sans doute l'emploi à venir.

Cayeux-Citoyens refuse cette orientation aveugle et le fera connaître à la population, ainsi qu'aux autorités administratives compétentes.


CAYEUX-CITOYENS : Des exigences.


-1- D'abord nous souhaitons que l'enquête publique réponde point par point de façon approfondie et dans les délais impartis aux questions évoquées ci-dessus, qu'elle s'explique sur ce que nous considérons être des carences ou encore, des zones d'ombre relatives au contenu de l'enquête elle-même.

-2- Nous demandons l'organisation des réunions publiques  sur le sujet qui motive l'enquête, sur ses enjeux, l'organisation par les autorités compétentes de déplacements sur les lieux incriminés, afin de permette à tous nos concitoyens de se forger une opinion.


-3- Nous demandons une révision, concertée avec la ville de Cayeux sur mer, de l'arrêté de biotope de Juillet 2004 et qu'à cette occasion un débat public sur l'avenir balnéaire et maritime de Cayeux soit organisé associant la population et toutes les autorités et collectivités concernées, intéressés.


-4- Nous proposons la mise en place d'un comité officiel permanent de réflexion et d'action sur les enjeux de l'évolution du littoral « Normando/Picard », incluant des entreprises directement impliquées, telle EDF et ouvert aux diverses associations intéressées .Nous demandons qu'il soit piloté en commun par les départements de la Somme et de Seine Maritime, la région Picardie, la région haute Normandie, les communes littorales concernées par l'érosion marine.


-5- Nous demandons la requalification de la plage de la Molière dans toutes ses dimensions (voies d'accès, parking, aménagement, plantation...).La révision en conséquence du plan d'exploitation annoncé (localisation, longueur du linéaire côtier visé, surface, accès)


-6- Nous demandons un plan de suppression progressive du transport routier relatif aux galets et à l'entretien de la digue naturelle sur le territoire de Cayeux. L'étude de moyens alternatifs non ou moins polluants, des engagements précis dans ce domaine.


-7- Nous demandons que le « donnant-donnant » proposé par les carriers et relatif au rechargement de la partie Sud du cordon littoral, soit mieux précisé, notamment en qualité des prélèvements et des apport de matériaux. Au-delà, nous demandons que soit posée et actée, au regard de la haute valeur stratégique et commerciale des produits exploités et traités, l'exigence d'une augmentation conséquente et pérenne de leur contribution financière au développement économique de Cayeux et à la protection et valorisation de son territoire.


-8- En raison des motifs et incertitudes évoqués ci-avant, nous demandons de limiter l'augmentation de l'extraction envisagée à 5000 m3 par an et sa durée à 5 ans, renouvelable deux fois, après expertise indépendante d'une commission ad -hoc portant sur l'évaluation objective, les effets directs et indirects de l'exploitation, sur les conditions environnementales et de vie de l'agglomération Cayolaise.


-9- Cette expérimentation suppose rigueur et transparence. A cet égard nous demandons la mise en place d'une structure ad hoc de contrôle et de suivi transparente portant sur les différents modes d'extractions de galets. Sa mission sera des produire des données chiffrées incontestables, tant quantitatives que qualitatives, sur l'ensemble du procès d'exploitation et ses retombées sur l'environnement. Des contrôles inopinés seront organisés, un compte rendu public aura lieu chaque année.   


Fait et déposé à Cayeux auprès de l'enquêteur public le 30 Décembre 2008.


Cayeux-Citoyens.
Le président, Alain Becker     

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