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Dépoldérisation - réunion du 14/12/2012 : Présentation des scénarios

A propos du diaporama de présentation des scénarios

 

 

Lors de la précédente réunion, la société C&S expliquait les objectifs de la concertation :

  • faire prendre conscience des risques et du travail effectué par l’étude ;
  • faire comprendre la démarche d’étude

Cela signifie-t-il que, de toute façon, nous n’avons pas à discuter ce qui nous est présenté ? Auquel cas il ne s’agirait pas de concertation, mais tout au plus d’information, pour ne pas dire de propagande.

Préférons la formulation plus complète du syndicat mixte sur son site, assurant sa volonté  de  comprendre les préoccupations et attentes des habitants, et de répondre à toutes les questions qui se poseront de telle façon que la concertation permette d’alimenter l’étude de faisabilité. C’est dans ce sens que nous proposons nos questions et nos remarques.

Après avoir lu les documents reçus du Syndicat Mixte, et tenté de les comprendre, des questions, nous en avons en effet !

Elles sont de divers ordres : techniques, environnementales, économiques et sociétales.

Premières questions

Auparavant, deux d’entre elles, primordiales puisque touchant aux raisons d’être sans cesse invoquées pour justifier une éventuelle dépoldérisation, ne trouvent dans ces documents aucune réponse ni même de traitement :

  • En quoi les mises en œuvres de ces scénarios, chacun et tous, protègeraient-elles Cayeux de façon pérenne ?
  • En quoi permettraient-elles une diminution sensible des coûts liés à la situation actuelle, une fois les nouveaux épis réalisés au nord de l’amer Sud ?

Lors de la réunion d’octobre 2011, il avait été dit par le représentant de la Sogreah qu’en l’état actuel, la protection de Cayeux par la dépoldérisation restait à démontrer. Comment l’étude des scénarios a-t-elle permis d’avancer sur ce point ? Le tableau présenté en fin de diaporama laisse la question en blanc.

Il laisse tout autant en blanc les coûts de mise en place et d’entretien et maintenance dans la durée des « solutions » proposées par les scénarios… Aussi peut-on s’interroger sur la pertinence de la pression par les coûts exercée de façon récurrente sur les communes stigmatisées des Bas-Champs, parce qu’ils seraient supportés par les cantons du centre et de l’est du département, lesquels, comme on sait, ne profitent en rien de la mer, des plages, de leurs aménagements et aménités.

En fait, on nous montre des paysages à venir, on nous propose de comparer des images, et les deux tableaux essentiels, diapos n°49 et 50 : « évaluation des scénarios », restent vides… Cela signifie-t-il que nous avons à choisir les images ou les expressions attractives du genre : « la


 

falaise ravivée… », et laisser les gens sérieux s’occuper des choses sérieuses : la protection de Cayeux et le coût des projets envisagés ?

Questions techniques

Le scénario 1suppose de poursuivre l’entretien de la digue actuelle, sauf sur la brèche de 3 épis… et de revenir pour le reste au 18èmesiècle, sans tenir compte des raisons qui avaient conduit au « grand barrement ». Quel intérêt ? Une fragilisation de tout le système actuel, et de l’eau de mer à la place de l’eau douce… sans que ce soit un port bien entendu.

La nécessité de recharger en galet les 76 casiers restants de la digue ôte tout avantage économique, à moins, comme le suggère le schéma à gauche de la diapo 13, que le rechargement ne soit fait qu’au sud, vers Onival, et la digue abandonnée plus au nord jusqu’à l’amer Sud.

La protection de Cayeux n’est même pas évoquée.

En revanche, il y a 6 km de renclotures à rehausser et 1,3 km de digue à créer. Rehausser, ça veut dire quoi ? de combien ? quels matériaux, quelles largeurs et quels fondements de ces renclotures pour supporter la pression de la mer quand nécessaire ? Des digues, ça veut dire quoi ? avec les mêmes questions… On a vu récemment en Vendée ce qu’était la résistance de ce genre de protection face à une mer exceptionnelle, tout comme on avait pu le voir ici en 1990.

Les scénarios 2, 3 et 4impliquent le non entretien de la digue actuelle. Cela ne signifie-t-il pas qu’à terme – 10, 15 ans ? – leur application reviendrait au même que celle de l’hypothèse « laisser faire » évoquée en début de diaporama, soit l’ouverture de la totalité de la digue d’Onival à l’amer Sud. Quelle pérennité ici ? C’est cette absence d’entretien de la digue qui a provoqué l’inondation de 1990, bien au-delà de la D102.

En outre, chacun de ces 3 scénarios développe ses quantums particuliers de rehaussement de renclotures et de digues, sans tenir compte, pour les 2 et 3 des effets pourtant prévisibles si le rechargement n’est plus effectué… De même pour ce qui concerne les invasions d’eau à attendre, et les paysages nouveaux.

Par ailleurs nous nous posons les mêmes questions que pour le scénario 1, accrues mais semblables : qu’en est-il de la protection de Cayeux ? Que veulent dire précisément rehaussement de renclotures et création de digues ?

S’il fallait néanmoins de ces 3 hypothèses n’en éliminer que deux, nous pourrions dire que le scénario 3 semble le moins inacceptable. En effet, il maintient une réserve de surface éventuellement inondable au-delà de ses digues, ne laissant pas comme le 4 les zones urbanisées directement au contact de celles-ci et de leurs éventuelles fragilisations et ruptures.

Questions environnementales

Au moment où il y a un recul en France des terres exploitables, du fait de l’urbanisation en particulier, quel sens donner à la suppression des surfaces agricoles prévues par les différents scénarios, pour les « redonner à la mer » qui n’en demande pas tant… ? Est-ce parce que les galets finiront par manquer et donc qu’on ne pourra plus, sauf à trop grands frais, entretenir la digue actuelle. Que l’on fasse que cesse l’exploitation et l’exportation des galets loin des Bas-Champs, cela en accroîtra singulièrement les réserves utilisables pour entretenir la digue. En outre cela évitera le risque qu’entraîne la fragilisation du cordon de galets au sud du Hourdel par les creusements effectués et celui d’érosion là où ils sont retirés du cordon littoral lui-même.

A l’autre bout de la commune de Cayeux, on exige en effet des réserves de terrains pour la protection de quelques espèces qui pourraient être menacées par une éventuelle érosion (arrêté de biotope). Et, au sud, on ferait entrer la mer sur une surface bien supérieure… Que d’incohérence !

On nous explique que de nouveaux paysages serons créées, que la biodiversité sera maintenue, etc. Cela n’est-il pas contradictoire ? On ne peut à la fois détruire ce qui existe et dire qu’on en maintient la richesse et la diversité, notamment la présence importante d’eau douce près de la mer, avec toutes ses conséquences.

Questions économiques

Le « volet économique » du diaporama est d’une légèreté sans doute honnête mais pour le moins préoccupante.

A court terme, on mise sur des apports sans certitude et sans évaluation marchande. Pour que des ovins, bovins et autres s’installent, il faudra du temps. La salicorne viendra si elle le veut bien, rien d’automatique. Tout cela ne représente pas de toute façon un apport économique considérable.

Reste le tourisme. Un pari sans vrai fondement et, là encore, sans aucune évaluation.

Et puis, pour que ces activités existent, sans même parler des compétences et des volontés des acteurs, il faudra des investissements. D’où pourront-ils venir ? Sans doute n’est-ce pas là la première urgence, mais peut-on proposer sérieusement des créations d’activités nouvelles dans un territoire pauvre sans évoquer cet aspect ?

Pour le moyen et court terme, on est de même dans le « mais si, mais si ! ». Suffit d’y croire !

Par contre, une question économique essentielle n’est pas évoquée : Quid du droit de propriété de ceux qui verront leur terre noyée ou leur hutte détruite ? quelles compensations ? comment envisage-t-on, notamment pour les agriculteurs de leur permettre de poursuivre leur activité ?

Questions sociétales

Repartons du paragraphe précédent. On décide du changement d’activité agricole : faites donc du bovin écossais leur dit-on… Mais les personnes, les familles d’agriculteurs présents depuis des générations, comment doivent-elles entendre cela ? Il est vrai que les scénarios comptent les agriculteurs en ETP ; insupportable !

La chasse, on le sait, n’est plus principalement une activité économique pour les habitants du pays. Ainsi les huttes sont, pour beaucoup, des biens culturels, une forme essentielle de la vie sociale. Il est vrai que cela ne se compte pas.

On nous promet de nouveaux paysages. Mais les paysages sont parties de la vie des personnes, ils portent une histoire, une culture. Vu d’Amiens ou de Paris, un changement est une affaire technique, et n’a que peu d’impact social. Le nouveau chasse l’actuel, c’est le progrès n’est-ce pas, et en plus ça fait moderne. Pour les gens d’ici, c’est d’abord la désagrégation de leur cadre de vie et pour certains de leur mode de vie.

Il faut rappeler ici les données de l’enquête réalisée durant la première phase d’étude : la grande majorité des personnes interrogées refuse la dépoldérisation qu’elle soit totale ou partielle. En quoi et comment l’étude en cours a-t-elle tenue compte de ce résultat pourtant  massif et explicite ?

En conclusion,

On a le sentiment que cette lourde et longue étude a été presque exclusivement la mise en scène d’une idée a priori : il faut dépoldériser.

Nous sommes accablés de beaux dessins et de belles phrases qui laissent de côté ce qui est pour nous l’essentiel.

Même sur ce que l’étude a étudié, nous sommes fort perplexes : le scénario 1 n’a pas grand sens, et les 2 et 3 ramènent vite au quatrième. Alors qu’il le soit dit sans barguigner : la dépoldérisation ira jusqu’à la route, la digue actuelle sera abandonnée, avec les conséquences que l’on sait. Restera un petit détail, le financement des grands travaux que suppose cette volonté.

Surtout, puisqu’on sait que les habitants dans leur grande majorité ne veulent pas de cette dépoldérisation, pourquoi produire des scénarios techniques alors qu’il aurait fallu d’abord travailler les scénarios sociaux et économiques qui auraient pu lui donner sens : Quelle vie pour les gens d’ici, quels projets étudiés, fondés, validés ? Veut-on que nous choisissions sur une base technique aussi fragile, pour, ensuite seulement, commencer l’étude des questions économiques, sociales, environnementales, pour un projet que nous aurions approuvé ? Ce serait inacceptable !

Soulignons un dernier point : la continuité politique de toute cette affaire.

Naguère, une majorité de droite envisageait avec bonheur le déplacement de 5.000 personnes des Bas-Champs : une expérience passionnante dont ses auteurs auraient tiré sans aucun doute grande gloire. Aujourd’hui, une majorité de gauche cherche à imposer une expérience non moins passionnante bien qu’un peu moins violente dont les initiateurs tireront sans doute une notoriété renouvelée. Ne nous étonnons pas si, d’ici peu, nous voyons apparaître une majorité d’extrême droite.

A moins que cette « étude » ait pour objet principal de régler une fois pour toutes son sort au serpent de mer de la dépoldérisation des Bas-Champs du Vimeu en montrant qu’elle est manifestement vaine et donc impossible.

 

pour ceux qui veulent en savoir plus côté bonne parole , cliquez ICI

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